samedi 24 mai 2025

Les Pikmins sur Pangea Proxima

Petit contexte: En attendant le prochain article (désolé les études obligent), voici un ancien article venant de mon compte Qwice sur Pikmin 3 et non sur Mario. Il date du 4 aout 2023, en principe les infos sont toujours d'actualités mais prenez quand même du recul. Et ici on ne parlera pas de Pikmin 4 car il se situe dans une autre continuité bien qu'il renforce encore plus que PNF-404 est la terre dans le futur.

Pikmin 3 – PNF-404, la Terre dans 250 Millions d’années :

La planète des jeux Pikmin (sauf dans Hey Pikmin), PNF-404 contient plusieurs indices comme les trésors, la végétation et le taxon de certains ennemis (comme la famille des Canidés fouisseurs pour les bulborbes) qui montrent que ce dernier est la Terre dans un futur sans humain. Comme dit précédemment, il semble que la carte de PNF-404 entre Pikmin 1-2 (où les continents sont placés comme dans la réalité) et Pikmin 3 (où les continents sont placés de manière différente) a été retcon. Or ce placement des continents qui semblent aléatoires n’en est rien car Nintendo même s'il a absence de confirmation, semble s’être inspiré de l’un des 4 hypothèses du futur supercontinent, celui du supercontinent Pangaea Proxima (Pangée Ultime), évoqué par Christopher Scotese en 1982. D’ailleurs comme les 3 autres hypothèses, ce supercontinent hypothétique pourrait se former entre 200 et 300 Ma grâce au cycle des supercontinents. 

Image 1: Comparaison entre le supercontinent de PNF-404 et le supercontinent hypothétique Pangea Proxima. a: PNF-404 dans Pikmin 3, b: Projection Mercator de PNF-404 et c: Représentation de Pangea Proxima

Cycle de Wilson et Cycle des supercontinents : 

Image 2: a) Représentation du Cycle de Wilson vs b) Représentation du Cycle des Supercontinents.


Avant d’aller plus loin, il faut poser quelques bases de géologie. Le cycle de Wilson est un modèle scientifique qui décrit l’ouverture et la fermeture des océans au cours du temps. Il commence généralement par une divergence : la croûte continentale se fracture, laissant place à un rift, puis à un océan qui s’agrandit (comme l’océan Atlantique aujourd’hui). Ensuite, avec le temps, la croûte océanique finit par plonger sous une croûte continentale par subduction, jusqu’à ce que deux masses continentales entrent en collision, formant des chaînes de montagnes et refermant ainsi l’océan.

Ce cycle, bien que non parfaitement périodique, dure environ 400 à 600 millions d’années. Il ne faut pas le confondre avec le cycle des supercontinents, qui décrit les phases d’agrégation (formation d’un supercontinent) et de dispersion (fragmentation en plusieurs continents) des croûtes continentales. Ce dernier semble suivre un rythme plus régulier, également de l’ordre de 400 à 600 millions d’années.

Lors de la dispersion d’un supercontinent, de nouveaux océans s’ouvrent — par exemple, l’Atlantique est né de la séparation de l’Amérique du Nord/Sud d’avec l’Eurasie et l’Afrique il y a environ 150 millions d’années. À l’inverse, lors de la reformation d’un supercontinent, plusieurs scénarios sont possibles selon l’endroit où les plaques convergent à nouveau (sur Image  b: Représentation du Cycle des Supercontinents):

 L’extroversion (a) : Le supercontinent se forme en fermant un ancien océan (comme l’océan Pacifique) 

 L’introversion (b) : Le supercontinent se forme en fermant le nouvel océan (comme l’océan Atlantique) 

L’orthoversion (c) : Le supercontinent se forme en fermant un ancien océan au niveau des pôles (comme l’océan arctique) 

Les anciens supercontinents : 

Image 3: Frise chronologique des anciens supercontinents


En plus de la périodicité du cycle des supercontinents, on retrouve plusieurs cratons (des portions stables et rigide de la croûte continentale ayant des âges supérieurs à 500 Ma) qui peuvent indiquer la présence d’anciens continents voir d’anciens supercontinents. La définition de supercontinent n’est pas clair, certains diront que l’Afro-Eurasie et l’Amérique actuel peut-être considéré comme des supercontinents et d’autres diront que Gondwana et Laurasie, qui sont les résultats de la rupture de la Pangée, sont aussi considéré comme tel . Dans cette liste, on parlera des supercontinents qui ont regroupé presque la totalité des terres émergées (Voir image 3) :

Vaalbara (3,6 Ga-2,7Ga) : 

Continent hypothétique se formant au début du paléoarchéen jusqu’au début du néoarchéen qui correspond à 2 cratons : Celui du Kaapvaal au sud de l’Afrique et du Pilbara à l’ouest de l’Australie. À cette période, bien entendu, ce continent était vide de vie, étant avant l’événement de la grande oxygénation, l’atmosphère ne comportait pas de dioxygène donc tout l’écosystème bactérien (dont les cyanobactéries) était dans le super-océan de l’époque, Nealbara. 

Ur (3,1 Ga-2,4 Ga) : 

Un autre supercontinent hypothétique du début du mésoarchéen au début du paléoprotérozoïque correspond à plusieurs cratons venant d’Afrique, d’Inde, d’Australie et de l’Antarctique, dont celui du Kappvaal et de Pilbara qui sont les mêmes de Vaalbara. 

Kenorland (2,7 Ga-2,1 Ga) : 

Datant du néoarchéen jusqu’au milieu du paléoprotéozoïque, il correspond aux cratons qui donneront l’Amérique du Nord (Laurentia), le Groenland, la Scandinavie/ la Baltique (Baltica) et l’Australie occidentale. Vers 2,3 Ga, Kenorland a subi plusieurs ruptures en même temps que la glaciation Humonienne où la Terre est devenue une « Terre boule de neige » due à la grande Oxygénation. À cause de l’excès de dioxygène produit par les cyanobactéries dans l’eau, ce dernier migre dans l’atmosphère où le méthane atmosphérique réagit avec ce dernier pour devenir de l’eau et du CO2 qui sont des GES moins efficaces et donc qui font baisser la température globale de la Terre.

Columbia (1,8 Ga-1,5 Ga) : 

De la fin du paléoprotéozoîque au début du mésoprotéozoïque, Columbia ou Nuna est constitué de cratons venant de Kenorland, mais aussi d’autres nouveaux cratons qui donneront plus tard la Chine Nord et Sud, l’Afrique de l’Ouest, etc. Dans le super-océan Atlantico-pacifique, une cellule proche des archées a obtenu un noyau pour devenir le premier Eucaryote. De plus, certains de ces eucaryotes ont absorbé des ɑ-protéobactéries qui leur ont donnés la capacité de respirer et ces bactéries deviendront des mitochondries. 

Rodinia (1,2 Ga-650 Ma) : 

A la fin du Mésoprotérozoïque vers la fin du Néoprotérozoïque avant l’ère d’Ediacara, Rodinia c’est formé par la collision des fragments venant de Columbia. Alors que dans l’océan Mirovia, les premières vies composées de plusieurs cellules sont présentes comme des champignons ou même les premières plantes, la vie n’est toujours pas présente sur la terre ferme. 

Pannotia (600 Ma-500 Ma) : 

De la fin de précambrien au niveau de l’ère d’Ediacara jusqu’au milieu du Cambrien, ce supercontinent hypothétique est formé au niveau du pôle sud par les collisions des fragments de Rodinia. Vers les 550 Ma, 3 gros fragments (Laurentia, Baltica et la Sibérie) du supercontinent se séparent puis au niveau du Devonien, Laurentia et Baltica fusionneront entre eux pour donné le continent Laurussia alors que le reste du supercontinent sera nommé Protogondwana. Dans l’océan Iapétus, les premiers animaux sont présents comme les éponges et les tout premiers Cnidaires durant l’ère d’Ediacara alors que durant l’explosion cambrienne, énormément d’embranchements importants des animaux s’y développent comme les Panarthropodes, les Chordés (qui vont donner les vertébrés), les Mollusques, etc. Et sur le continent, les premiers biofilms constitués de bactéries prennent place. 

Pangée (310 Ma-180 Ma) : 

Du début du carbonifère jusqu’au début du Jurassique, c’est le plus connu des supercontinents et pour cause, en plus d’être le plus récent, la Pangée a connu plusieurs animaux très connus du grands publiques comme les arthropodes géants du carbonifère comme le Meganeura et l’Arthropleura, les prémamaliens du Permiens dont le plus connu est le Dimétrodon et même les premiers Dinosaures comme l’Eoraptor. La Pangée est formée par la collision du Protogondwana et Laurussia qui formera la chaîne Hercynienne. Puis à 180 Ma, la Pangée commence à se séparer en 2 continents, le Gondwana au sud qui donnera l’Amérique du sud, l’Afrique, l’Antarctique, l’Australie et l’Inde alors qu’au Nord, le contient Laurasia donnera l’Amérique du Nord et l’Eurasie. 

Le futur supercontinent : 

Image 4: Représentation des différents futurs supercontinents.  


Dans 50-100 Millions d’années : 

On arrive enfin sur le sujet principale. D’après le sens de déplacement des plaques tectoniques, on arrive à prévoir de manière assez certaine la disposition des continents sur les 50 prochains millions d’années, au Néozoïque (qui est une ère géologique spéculative entre 10 - 250 Ma dans le futur dans le livre « Demain les animaux du futur » de Marc Boulay et Sébastien Steyer) (Voir image 4):

Dans 50 millions d’années, l’Afrique rentrera en collision avec l’Europe pour fermer la Mer méditerranéenne (fin du cycle Wilson qui a donné l’océan Téthys) alors que pendant ce temps, l’Australie migre vers le nord jusqu’à rentrer en collision avec l’Asie du Sud-Est. Le continent Américain est poussé par la dorsale médio-altantique responsable de l’ouverture de l’océan Atlantique, ce qui pousse l’Amérique du nord à se rapprocher de la Russie. 

À plus de 50-100 Ma, la prévision est purement hypothétique malgré la forte probabilité d’avoir un supercontinent vers 200 Ma. Maintenant, prenons 4 chemins différents pour le futur de la Terre : 

Novopengea: 

Scénario de Roy Livermore, géologue à l’Université de Cambridge, qui explique qu’une faille va séparer l’Afrique de l’est (dû à la présence d’un rift actif qui peut démarrer un nouveau cycle de Wilson) avec le reste du continent, puis ce dernier va, avec Madagascar, entrer en collision avec l’Asie, plus précisément l’Inde. Pendant ce temps, l’Antarctique, à cause de l’ouverture d’une zone de subduction, rejoint et entre en collision avec l’Australie. Et pour finir, le continent américain continue son excursion à l’est pour rentrer en collision avec l’Asie, l’Australie et l’Antarctique, fermant ainsi l’océan Pacifique, c’est donc un scénario d’extroversion.

Amasia : 

Scénario de Ross Mitchell, géologue à l'Université de Yale à New Haven, qui commence par l’Amérique qui migre vers le Nord jusqu’à rentrer en collision avec l’Eurasie au niveau du pôle Nord tout en fermant l’océan Arctique, donc ceci est un scénario d’orthoversion. Mais durant cette collision, l’Amérique du sud commencera à pivoter à 90° vers l’est alors que l’Australie continue sa migration vers le nord jusqu’à côtoyer l’Inde et la Chine. Comparé à Novopengea, l’Antarctique ne migre pas. 

Aurica : 

Un scénario des chercheurs du « Geological Magazine » commence par une faille qui sépare tout l’Asie de l’est (dont l’est de la Sibérie) du reste de l’Afro-Eurasie qui part vers l’ouest, ce qui provoque l’ouverture d’un nouvel océan (donc un nouveau cycle de Wilson). L’Antarctique migre vers le nord pour rentrer en collision avec l’Australie pendant que l’Amérique se rapproche de l’Asie de l’Est et de l’Australie jusqu’à rentrer en collision et fermer l’océan Pacifique. Le reste de l’Afro-Eurasie continue son parcours vers l’ouest pour rejoindre la partie est de l’Amérique et fermer l’océan Atlantique. 

Pangaea Proxima : 

Le scénario préféré des géologues et étant la plus connue des 4, émise par Christopher Scotese, géologue et paléographe de l’Université de Chicago, Pangaea Proxima est un scénario d’introversion où une hypothétique zone de subduction se forme au bord ouest de l’Atlantique, ce qui tire le continent américain vers l’ouest d'Afro-Eurasie. Comme pour Aurica et Novopengea, l’Antarctique migre vers le nord pour aller au contact de l’Australie. Au moment de la collision entre l’Amérique et le reste des continents, il y a enfermement de l’océan indien dans le supercontinent. 

Autres possibilités ? :

Les 4 scénarios cités précédemment ne sont qu’HYPOTHÉTIQUE, on ne peut pas prévoir avec exactitude comment se formera ce supercontinent. Dans les années à venir, il y aura peut-être d’autres scénarios qui seront émis avec d’autres possibilités, mais pour l’instant ce ne sont que des hypothèses donc autant utilisé ces scénarios pour enrichir notre imagination sur le futur au lieu de se dire que l’une des 4 hypothèses est forcément la vérité… Comme Nintendo a fait pour la carte de Pikmin 3. 

Liens : 

https://en.wikipedia.org/wiki/Amasia_(continent)

Supercontinent Amasia to take North Pole position - Kerri Smith - Nature -2012 

https://en.wikipedia.org/wiki/Aurica_(supercontinent) 

https://en.wikipedia.org/wiki/Novopangaea 

https://bigthink.com/strange-maps/next-supercontinent/ 

Earth's next supercontinent - Caroline Williams, Ted Nield – New Scientist – 2007 

Pannotia: To be or not to be? - R. Damian Nance, David A.D. Evans, J. Brendan Murphy – Earth Science Reviews – 2022 

https://science.nasa.gov/science-news/science-at-nasa/2000/ast06oct_1

http://www.scotese.com/ 

Pastor-Galán, Daniel & Nance, R. & Murphy, J. & Spencer, Christopher. (2018). Supercontinents: myths, mysteries, and milestones. Geological Society, London, Special Publications. 470. SP470.16. 10.1144/SP470.16.  

https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Supercontinent.html 

https://gizmodo.com/a-history-of-supercontinents-on-planet-earth-5744636 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_Wilson 

Back to the future: Testing different scenarios for the next supercontinent gathering - Hannah S. Davies, J.A. Mattias Green,João C. Duarte – Global and Planetary Change – 2018 

https://news.agu.org/press-release/study-proposes-link-between-formation-of-supercontinents-strength-of-ocean-tides/ 

https://www.youtube.com/watch?v=HRVkB2daFjM&ab_channel=ChristopherScotese"

mardi 1 avril 2025

L'univers de Mario : un monde créationniste où l'évolution n'existe pas

  Depuis le début de ce blog, je vous ai menés en bateau en prétendant que l'évolution pouvait s'appliquer à l'univers de Mario, mais il est temps de dire la vérité : ce monde est créationniste et toute tentative d'y voir une quelconque évolution est vouée à l'échec !

Lors de sa première apparition en 1981 dans Donkey Kong, Mario a exploré un univers rempli de créatures, de royaumes exotiques et de lois physiques souvent absurdes. Mais un élément crucial de cet univers reste largement ignoré : il ne suit absolument pas les principes de l'évolution darwinienne. En examinant les jeux de la franchise et les informations du Super Mario Wiki, il devient clair que l'univers de Mario repose sur une vision créationniste où les espèces sont fixes, où les mutations ne sont que temporaires, et où les interventions divines sont monnaie courante. En bref, c’est un monde parfaitement organisé, loin des théories farfelues des évolutionnistes qui veulent nous faire croire qu’un Goomba aurait pu un jour évoluer en Bowser.

1. Des espèces fixes et immuables

Dans l'univers de Mario, les créatures apparaissent sous une forme définie et ne changent pas au fil du temps. Prenons les Goombas, ces champignons hostiles qui peuplent le Royaume Champignon. Depuis leur première apparition en 1985 dans Super Mario Bros., ils sont identiques, sans variation morphologique ni adaptation à leur environnement. Contrairement à la théorie de l'évolution, où les espèces se transforment progressivement pour s'adapter à leur milieu, les Goombas n'ont pas d’ancêtres fossiles ou de formes intermédiaires.

Les Koopas, de leur côté, restent également inchangés. Qu'il s'agisse de Koopas Troopas, de Paratroopas ou de Dry Bones, leur structure de base reste la même. Aucun processus d'adaptation naturelle ne semble avoir influencé leur morphologie, ce qui suggère une création instantanée plutôt qu'une évolution progressive. D’ailleurs, où sont les « fossiles de transition » que les évolutionnistes nous promettent depuis des décennies ? À moins que le Royaume Champignon ne soit âgé que de quelques milliers d’années, ce qui expliquerait pourquoi tout y est si bien conservé…

2. L'absence totale de fossiles et de transitions évolutives

Un univers où l'évolution existe devrait contenir des traces de formes intermédiaires ou des fossiles prouvant l'existence d'ancêtres communs aux différentes espèces. Or, dans les jeux Mario, il n'existe aucun site archéologique ni aucune preuve suggérant un passé évolutif.

Les seuls "fossiles" observables sont les Dry Bones, mais ces squelettes animés ne sont pas des ancêtres décédés, ce sont juste des Koopas qui ont été ressuscités sous forme de morts-vivants. Loin d'être une preuve d'évolution, ils renforcent au contraire l'idée que les êtres du monde de Mario sont figés dans leur nature et peuvent simplement subir des transformations surnaturelles. Voilà une belle preuve que la science créationniste avait raison depuis le début : les êtres sont créés d’un coup, et non issus d’une lente transformation aléatoire.

3. Des mutations instantanées et non héréditaires

Dans l'évolution darwinienne, les mutations génétiques se produisent progressivement et sont transmises aux générations futures si elles confèrent un avantage adaptatif. Dans l'univers de Mario, les transformations sont immédiates et temporaires. Prenons par exemple les Super Champignons, qui font grandir Mario instantanément, ou les Fleurs de Feu, qui lui donnent la capacité de lancer des boules de feu. Ces changements ne sont pas permanents et ne se transmettent pas à une descendance. Une fois que Mario est touché par un ennemi, il régresse à son état de base. Comme quoi, dans cet univers, pas besoin de millions d’années d’attente pour voir un changement, un simple champignon suffit !

De plus, certains personnages comme Bowser Jr. ou les Koopalings n'évoluent jamais, malgré leur exposition à des environnements variés et à des transformations magiques. Aucun n'acquiert de nouvelles caractéristiques adaptatives au fil du temps. Et dire que certains veulent nous faire croire que les Yoshi pourraient devenir autre chose avec le temps…

4. Une création dirigée par des entités supérieures

L'univers de Mario est rempli de divinités et d'êtres omnipotents qui agissent directement sur le monde. Rosalina, la gardienne de l’espace, veille sur l'univers entier et semble exercer une influence divine. Les Super Étoiles, elles, confèrent une invincibilité temporaire aux personnages, suggérant que des forces surnaturelles dictent l’ordre du monde.

Dans certains jeux, comme Paper Mario: The Thousand-Year Door, des entités anciennes et puissantes semblent avoir créé et organisé le monde. Le fait que ces forces interviennent directement dans les événements renforce l’idée d'un monde créé intentionnellement plutôt que régi par des lois naturelles aveugles. Ce n’est pas un hasard si Mario et ses amis trouvent régulièrement des objets « miraculeux » qui les transforment instantanément : le Royaume Champignon a été conçu avec intelligence, et pas laissé au hasard de mutations inutiles !

5. Un déni de la sélection naturelle

Dans l'univers de Mario, la survie des espèces ne repose pas sur un processus de sélection naturelle. Les Goombas, qui sont manifestement incapables de survivre face à Mario, continuent d'exister en grand nombre malgré des millénaires de défaites. S'ils étaient soumis aux principes darwiniens, ils auraient disparu depuis longtemps au profit d'une espèce plus adaptée. Leur persistance démontre que l'univers de Mario n'est pas régi par la sélection naturelle, mais par un équilibre fixé dès l'origine. Décidément, encore un clou dans le cercueil des évolutionnistes !

Conclusion

L'univers de Mario ne suit aucun des principes fondamentaux de la théorie de l'évolution. Les espèces y sont immuables, les mutations sont temporaires et les forces divines interviennent régulièrement. Tout cela suggère un monde créationniste où l'ordre des choses a été fixé dès le départ. Ainsi, au lieu de voir dans Mario un simple plombier sautant sur des tortues, nous devrions peut-être le considérer comme un héros parcourant un monde où l'évolution n'a jamais existé. Finalement, Mario n’est pas qu’un simple personnage de jeu vidéo, il est aussi la preuve que le fixisme triomphe, même dans les mondes imaginaires ! En conclusion soyez un bon croyant pour ce jour du cheep-cheep d'avril au lieu de s'abrutir sur des articles scientifiques évolutionnistes... Amen ! 🙏🤖🙏


mardi 25 février 2025

Retour sur la reproduction des Bill Balls

Nous allons revisiter notre hypothèse sur le cycle de vie des Bill Balls. Au départ, j'avais supposé un cycle en deux phases en prenant comme modèle la méduse Aurelia aurita.

Reproduction hypothétique en 2 phases du Bill Ball comme l'Auriela aurieta venant de l'article "Phylogénie externe des Chomps"

Cependant, après une discussion avec @Techniquement_ (de la chaîne "Techniquement ce qu'il faut savoir"), une nouvelle hypothèse a émergé : les Bill Balls pourraient avoir un cycle diplobiontique comme les Champignons, alternant entre une phase diploïde (2n, avec paires de chromosomes) et une phase haploïde (1n, avec une seule copie de chaque chromosome). Tout ce qui va suivre n'est qu'hypothèse mais reste un cycle de vie "réaliste" pour les Bill Ball.

Dans leur phase haploïde, les Bill Balls pourraient se reproduire par fusion cellulaire lorsqu’ils entrent en collision. En s’entrechoquant, leur forme conique leur permettrait de glisser l’un sur l’autre, comme observé dans New Super Mario Bros. Wii ou New Super Mario Bros. U. Ce contact pourrait arracher une partie de leur coque métallique et provoquer la fusion de certaines cellules, générant ainsi une nouvelle cellule diploïde.


Image de 2 Bill balls qui s'entrechoquent et glissent entre eux dans New Super Mario Bros U

 Ces cellules diploïdes seraient alors expulsées à la suite du choc et tomberaient au sol, où elles commenceraient une série de mitoses pour former la forme diploïde du cycle : les Bill Boums. Ces derniers, à leur tour, subiraient une méiose pour donner naissance à de nouveaux Bill Balls haploïdes. Cette hypothèse semble plus cohérente, car la morphologie des Bill Balls ne permettrait pas une reproduction sexuée classique comme chez les animaux. Elle intègre également les Bill Boums dans leur cycle de vie et explique pourquoi leur attaque suicide ne serait pas un désavantage évolutif. En effet, bien que certaines cellules diploïdes puissent être expulsées lors d’une collision entre deux Bill Balls, il est possible que d’autres restent accrochées. Dans ce cas, une explosion (par exemple, en attaquant Mario) permettrait de disperser ces cellules dans l’environnement. De plus, si la victime survit, elle pourrait involontairement transporter ces cellules et contribuer à leur propagation, un processus similaire à la pollinisation.


Résumé du cycle de vie hypothétique des Bill Ball



vendredi 21 février 2025

Position phylogénétique des Bloups et des Méga-Bloups

Nous allons examiner où positionner les Bloups et les Méga-Bloups dans la phylogénie de notre monde. Leur apparence, avec leurs tentacules, rappelle fortement celle des céphalopodes, notamment les calmars et les pieuvres, ce qui suggère une affiliation à ce groupe.

Qu'est-ce que sont les Bloups et les Méga-Bloups ?

Les Bloups sont des ennemis apparus pour la première fois dans Super Mario Bros., principalement dans les niveaux aquatiques. Ils sont devenus des adversaires récurrents dans la série, notamment dans ces environnements. Les Méga-Bloups, introduits dans Super Mario Sunshine, sont des boss qui, malgré leur nom, présentent bien plus de différences que le simple fait d’être des Bloups géants. Ils sont apparus dans quelques jeux, principalement des spin-offs.

Morphologie des Bloups : 


Morphologie du Bloups

Les Bloups possèdent un corps trapu avec dix bras, sans tentacules prédominants comme chez les seiches et sans ventouses visibles. Une nageoire sommitale est présente sur leur tête. Ils produisent de l’encre et possèdent une intelligence avancée, étant sentient, comme la majorité des céphalopodes (Je recommande la vidéo de Terrapodia sur le sujet), ils savent parler en plus d'avoir des émotions étant affecté par le spectre des émotions. Ils sont capables de parler et d’exprimer des émotions, étant sensibles au Spectre des Émotions.

On ignore s’ils possèdent un bec, mais on peut supposer l’emplacement de leur anus. Chez les céphalopodes, l’encre est expulsée par l’anus, or chez les Bloups, elle semble être sécrétée par l’orifice buccal, mais également par un second orifice situé juste en dessous des yeux, à un emplacement correspondant à celui de l’anus chez les céphalopodes (même si ils sont aux dessus des yeux).


Localisation des orifices servant à l'éjection de l'encre chez les bloups

Enfin, leurs yeux ressemblent davantage à ceux des calmars qu’à ceux des poulpes, des seiches ou d’autres céphalopodes.

Comparaison des yeux chez les céphalopodes et des Bloups (a: Nautile, b: Poulpe, c: Seiche, d: Calmar, e: Bloups, f: Méga-Bloups)

Morphologie des Méga-Bloups :

Morphologie du méga-Bloups

Les Méga-Bloups se distinguent des Bloups non seulement par leur taille, mais aussi par leur morphologie, qui se rapproche davantage de celle d'une pieuvre que d'un calmar. Ils possèdent huit bras comme les pieuvres, dont quatre tentacules prédominants avec une ventouse chacune, situées à l'avant, tandis que les quatre autres sont positionnés à l’arrière. Au sommet de leur tête, on observe deux nageoires latérales, rappelant celles des calmars ou des Vampires des Abysses. Leurs yeux restent similaires à ceux des Bloups et des calmars.

Une question demeure : l’orifice par lequel ils sécrètent de l’encre est-il leur bouche ? Chez les céphalopodes, la présence d’un bec est une caractéristique fondamentale, or ici, aucun bec n’est visible. Comme mentionné précédemment, chez les Bloups, l’orifice situé sous les yeux semble être l’anus. Deux hypothèses sont alors envisageables :

  1. Cet orifice est bien la bouche, ce qui impliquerait qu'au cours de l’évolution, leur bouche s'est déplacée des tentacules vers la tête, en plus d’avoir perdu le bec.

  2. Cet orifice est leur anus, comme chez les Bloups, ce qui nous laisse dans l’incertitude quant à l’existence d’un bec chez les Méga-Bloups.

Phylogénie des céphalopodes et des Bloups :

Grâce aux caractères morphologiques que nous avons analysés et à la comparaison avec d’autres taxons de céphalopodes et d’outgroups non céphalopodes, nous avons pu établir une phylogénie hypothétique et similaire à la phylogénie actuelle. Voici le résultat :
Position phylogénétique des Bloups chez les mollusques

L’analyse phylogénétique positionne les Bloups et les Méga-Bloups au sein des Myopsida (un groupe de calmars). Le Bloups se trouve dans une position intermédiaire entre les Sepiida (groupe des seiches) et les calmars myopsides, ce qui correspond bien à ses similitudes morphologiques avec les deux groupes.

En revanche, les Méga-Bloups, malgré leur ressemblance avec les pieuvres, sont en réalité des calamars plus dérivés que les Bloups. Leur possession de huit bras, un critère de base des Octopodiformes (poulpes et vampires des abysses), alors que les autres calamars et seiches en ont dix, suggère qu'ils ont perdu deux bras au cours de leur évolution.


Source pour la phylogénie : 

-Frank E. Anderson, Annie R. Lindgren, Phylogenomic analyses recover a clade of large-bodied decapodiform cephalopods, Molecular Phylogenetics and Evolution, Volume 156, 2021, 107038,     ISSN 1055-7903, https://doi.org/10.1016/j.ympev.2020.107038.

-Whalen, C.D., Landman, N.H. Fossil coleoid cephalopod from the Mississippian Bear Gulch Lagerstätte sheds light on early vampyropod evolution. Nat Commun 13, 1107 (2022). https://doi.org/10.1038/s41467-022-28333-5

-Tanner Alastair R., Fuchs Dirk, Winkelmann Inger E., Gilbert M. Thomas P., Pankey M. Sabrina, Ribeiro Ângela M., Kocot Kevin M., Halanych Kenneth M., Oakley Todd H., da Fonseca Rute R., Pisani Davide and Vinther Jakob 2017Molecular clocks indicate turnover and diversification of modern coleoid cephalopods during the Mesozoic Marine RevolutionProc. R. Soc. B.28420162818 http://doi.org/10.1098/rspb.2016.2818

-Wanninger, A. and Wollesen, T. (2019), The evolution of molluscs. Biol Rev, 94: 102-115. https://doi.org/10.1111/brv.12439

-Diapositive. L'évolution des céphalopodes - Isabelle Kruta, Sorbonne Université Master SEP (2017)

mercredi 19 février 2025

Mes deux anciennes phylogénies sans matrices, obsolètes et à refaire: Goomba et Cheep-Cheep

Un article rapide sur différentes phylogénies que j’avais réalisées sans utiliser de matrice de caractères, ce qui les rend biaisées et elles sont basées sur la phylogénie actuelle. Elles seront forcément refaites, mais je les partage ici, car elles peuvent être intéressantes à observer.

Phylogénie des Goombas (obsolète) :


Phylogénie désuet des Goombas

Cette phylogénie considère que les Goombas sont dérivés des Shiitake (Lentinula edodes), des champignons comestible japonais dont l'apparence a inspiré le design de ces derniers.

Source: 
S. Sierra-Patev, B. Min, M. Naranjo-Ortiz, B. Looney, Z. Konkel, J.C. Slot, Y. Sakamoto, J.L. Steenwyk, A. Rokas, J. Carro, S. Camarero, P. Ferreira, G. Molpeceres, F.J. Ruiz-Dueñas, A. Serrano, B. Henrissat, E. Drula, K.W. Hughes, J.L. Mata, N.K. Ishikawa, R. Vargas-Isla, S. Ushijima, C.A. Smith, J. Donoghue, S. Ahrendt, W. Andreopoulos, G. He, K. LaButti, A. Lipzen, V. Ng, R. Riley, L. Sandor, K. Barry, A.T. Martínez, Y. Xiao, J.G. Gibbons, K. Terashima, I.V. Grigoriev, & D. Hibbett, A global phylogenomic analysis of the shiitake genus Lentinula, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 120 (10) e2214076120, https://doi.org/10.1073/pnas.2214076120 (2023).

Phylogénie des Cheep-Cheep (obsolète) :


Phylogénie désuet des Cheep-Cheeps


mardi 18 février 2025

Phylogénie externe des Chomps

On va explorer les liens de parenté des Chomps avec d'autres ennemis possédant une peau métallique (oui, à ce stade de la phylogénie de cet univers, on peut accepter ce biais).

Quels sont ces nouveaux taxons ?

Dans cet article, nous allons nous intéresser à six groupes : celui des Chomps et des Chomps Pyro, mais aussi ceux des Bob-ombs, des Bill Balls et des canons comme les Kaboomba et les Crocrocs.

Ces taxons sont-ils des êtres vivants ?

Comme pour les Chomps, nous allons déterminer si ces taxons sont des êtres vivants ou simplement des robots ou des objets magiques.

Les Kaboomba (et autres variants) : Apparus dans peu de jeux, ils restent mystérieux, mais certains indices suggèrent qu’ils sont vivants. Ils sont affectés par le Sceptre des Émotions, affichant notamment l’émotion Calme. De plus, leur nom anglais fait référence aux Goombas, qui sont des êtres vivants. Leur nom japonais, Taihō-kun, inclut le suffixe -kun, généralement utilisé pour désigner un garçon, ce qui serait étrange pour un simple robot (le même principe s’applique à leur nom italien, qui inclut Jr.).

Les CrocrocsÉgalement peu documentés, ils n'apparaissent que dans Super Mario Bros. Wonder. Leurs noms internes, "Taberukun" et "Eater", ainsi que leur agressivité, suggèrent un comportement prédateur et un besoin de se nourrir, ce qui implique un métabolisme. De plus, les variants Wonders Grawsher attaquent même en essaim, ce qui pourrait indiquer une certaine intelligence. 

Les Bob-ombContrairement aux précédents, nous disposons de nombreuses informations sur ces créatures. Elles semblent aussi intelligentes que les Toads et les humains, ayant des cultures, des accents et des sociétés distinctes. Certains obéissent au Roi Bob-omb, d’autres vivent sous l’autorité de la Princesse Peach ou en autonomie (le cas de la ville Perduvostok). Ils manifestent également des émotions et des traits humains, comme le montrent Bobby, Bombart ou Bombinette, et peuvent même tomber amoureux et avoir des descendants (le cas de Bairin, enfant d'Orboom et d'Argelle). L’explosion en réaction à Mario semble être une attaque de dernier recours, similaire à l'utilisation du dard des abeilles. De plus, certains Bob-ombs survivent à leur explosion (Paper Mario et Paper Mario : La Porte Millénaire). Cependant, il existe aussi des usines à bob-omb qui produisent ces derniers à partir de bombes, ce qui laisse penser qu’il pourrait y avoir à la fois des Bob-ombs biologiques et des versions manufacturées, car dans les Super Mario Bros, ces derniers se suicident juste à la vision de Mario (et non en dernier recours), sans oublier leur utilisation dans les sports comme des objets. 

Les Bill Balls : C’est probablement le cas le plus incertain. Dans Mario Party Advance, ils peuvent parler et exprimer des passions. Dans Super Princess Peach, ils réagissent au Spectre des Émotions en devenant des Mad Bullets Bills. Dans Super Mario RPG, le profil anglais des Bill Boom précise : "These may look like ordinary cannons, but the bullets they shoot have eyes, hands, and mouths that grin almost as if they were alive." Ce qui suggère qu’ils pourraient être vivants. La présence de Roi Bill Balls pourrait aussi indiquer une société monarchique, comme chez les Bob-ombs sans oublier qu'on peut supposer qu'ils possèdent la société "Bullet Bill Speedtrial". Quant à leur reproduction (si elle existe), on pourrait supposer un cycle de vie similaire à certaines méduses comme Aurelia aurita.

Reproduction hypothétique en 2 phases du Bill Ball comme l'Auriela aurieta 

Quels sont les Outgroups ?

Pour notre arbre phylogénétique, nous devons sélectionner des outgroups suffisamment distincts. J’ai choisi les Koopa Troopa et les Goomba, ainsi que les Gnip, des ennemis ayant l’apparence de canidés. Cela permet de vérifier si les Chomps, souvent comparés à des chiens, sont plus proches de ces derniers ou des autres taxons sélectionnés.

La phylogénie externe des Chomps : 

Après avoir établi la matrice de caractères et visualisé l’arbre, voici les résultats obtenus.

Matrice de caractère



Phylogénie externe des Chomps

Cette phylogénie confirme que, comme prévu, les Chomps pyro et les Chomps sont bien des taxons apparentés. Toutefois, on observe que les Crocrocs et les Bill Balls sont plus proches de ces derniers que des Bob-ombs ou des Kaboombas, qui forment quant à eux un groupe frère distinct. L’ensemble de ces taxons constitue le groupe frère des Gnip. 

Si l’on applique un modèle inspiré de la phylogénie de notre monde, en considérant les Goomba comme des Fungi, les Koopa comme des tortues et les Gnip comme des canidés, on pourrait supposer que ce que nous nommerons les Métalozoaires représentent soit un groupe de mammifères, soit un groupe frère des mammifères.

Faisons de la taxonomie

Pour le plaisir on va créer des noms de taxons !

Famille des Crocrocs : Ptisidontidae 
Ethymologie: "ptísi" = vol en grec + "dónti" = dent en grec +"idae" = Terminaison standard pour les familles pour les animaux

Famille des Bill Balls : Rokathymidae
Ethymologie: "róka" = fusée en grec + "thymós" = colère en grec +"idae" = Terminaison standard pour les familles pour les animaux

Famille des Kaloomba : Kanouvlidae
Ethymologie: "kanóni" = canon en grec + "soúvla" = crache en grec +"idae" = Terminaison standard pour les familles pour les animaux

Famille des Bob-omb : Sovomidae
Ethymologie: "vómva" = bombe en grec + "sofós" = sage en grec +"idae" = Terminaison standard pour les familles pour les animaux

Epifamille des Chomp + Chomp Pyro : Chompoidae
Ethymologie: "Chomp" venant des Chomps + "oidae" = Terminaison standard pour les épifamille pour les animaux

Super famille des Chomp + Chomp Pyro + Crocrocs : Chompoidea
Ethymologie: "Chomp" venant des Chomps + "oidea" = Terminaison standard pour les super famille pour les animaux

Infra-ordre des Chomp + Chomp Pyro + Crocrocs + Bill Ball : Metaloleia
Ethymologie: "Métallo" = métal en grec + "leíos" = lisse en grec 

Infra-ordre des Bob-omb + Kaloomba: Metalopoda
Ethymologie: "Métallo" = métal en grec + "pódi" = pied en grec 

Sous-ordre des Metalocheri et des Metalopedi: Metalozoa 
Ethymologie: "Métallo" = métal en grec + "zoa" = être vivant, animal en grec ancien

Phylogénie des Métalozoaires avec le nom des différents taxons


Bien sûr, cet arbre phylogénétique est susceptible d’évoluer et de s'améliorer. Si vous avez des suggestions ou des idées pour affiner cette classification, n’hésitez pas à les partager en commentaire !



samedi 15 février 2025

Utilisation de la phylogénie de notre monde ou non sur de la fiction ? Exemple avec les Chondrichtyens dans Mario

Ici, nous allons nous interroger sur l’utilisation de la phylogénie du monde réel comme modèle pour la fiction, et sur la possibilité d’employer des clades tels que Amniota, Chondrichthyes ou Arthropoda pour établir des arbres phylogénétiques dans des univers fictifs.

Cohérence avec la phylogénie actuelle ou non dans cet univers fictif ?

Tout d'abord, il faut s'assurer que l'univers fictif est cohérent avec la phylogénie actuelle. Si l’on y observe trop d’incohérences, son utilisation devient inutile. La première étape consiste à vérifier si l’environnement de la fiction est similaire ou quasi similaire à la Terre. Par exemple, l’univers de Pikmin se déroule sur PNF-404, qui semble être une version future de notre planète.

Si c’est le cas, il convient ensuite d’examiner si la majorité des espèces de cet univers sont de véritables espèces ou des variantes d’espèces existantes, sans contradiction avec la phylogénie actuelle. Un bon exemple est la saga A Song of Ice and Fire (Game of Thrones), qui présente un bestiaire riche, composé en grande partie d’espèces similaires aux nôtres, avec quelques ajouts de créatures mythiques. Dans un tel cas, il est possible d’utiliser la phylogénie du monde réel en y intégrant les créatures spécifiques à la série (Ex : la phylogénie externe des dragons dans Game of Throne de Christaux Officiel).

Dans le cas de l'univers Mario ?

On va attribuer ce qu'on a dit avant à l'univers Mario.

L'univers Mario, se déroule-t-il sur Terre ?

Cette question est d’autant plus complexe que la planète où vivent Mario et ses amis ont évolué au fil du temps. La première fois qu’une carte de cette planète est apparue, dans Mario is Missing (sur SNES et PC), elle présentait des continents identiques à ceux de la Terre.

Carte du monde de Mario is missing sur SNES

Cependant, au fil des jeux, la planète a changé de forme à plusieurs reprises (allez voir sur le Mario wiki pour plus de détails) avant de se stabiliser avec Super Mario Odyssey et Mario Kart Tour. Une étude de sa géologie, des incohérences et des hypothèses sur les planètes dans Mario mériterait un article à part, mais ce ne sera pas le sujet ici.

Similitude entre la planète dans Super Mario Odyssey et celui Mario Kart Tour
 
On ne sait pas s'il s'agit de la Terre dans le futur ou d'une planète distincte mais très similaire. Dans les deux cas, on peut considérer qu'elle répond au critère.

Proportion des espèces fictives par rapport aux réelles.

Lorsqu'on examine la liste des espèces dans Mario, on constate que les créatures spécifiques à cet univers sont largement majoritaires par rapport aux espèces réelles.

La cohérence des espèces par rapport à la phylogénie réelle.

Il n'y a pas de cohérence avec la phylogénie réelle pour beaucoup d'espèces, on va citer quelques exemples :

  • Chez les Plantes : c'est sûrement l'exemple le plus flagrant avec le cas de la Plante Piranha et du Floro sapiens. Chez les Plantes Piranha, leur cycle de reproduction présente deux alternatives surprenantes. Certaines produisent des graines, ce qui est cohérent avec les plantes comme avec Ultra Piranha tandis que d’autres pondent des œufs amniotiques, comme avec Maman Piranha et Dino Piranha Jr, ce qui est en totale contradiction avec ce qu'on connait des plantes. De plus, on sait que ces Plantes possèdent un squelette osseux (Plante Piranh'os) qui est un caractère de vertébré plus spécifiquement des Ostéichtyens. Pour les Floro sapiens, au-delà de leur mobilité, ces créatures possèdent une intelligence avancée, comparable à celle des Homo sapiens. Elles sont capables de communication orale, d’organisation sociale et même de gouvernance monarchique. Or, un tel niveau de développement neuronal est en contradiction avec le fait que seules les espèces animales dérivées disposent d’un système nerveux central sophistiqué.
  • Chez les Fungi : simple, dans l'univers Mario, la majorité des champignons possèdent des yeux, et nombre d’entre eux développent même des bouches, des membres et une intelligence plus ou moins avancée, comme les Toads et les Goombas (un cas similaire aux Floro Sapiens). Encore plus surprenant, certaines de ces créatures fongiques possèdent un squelette osseux. Par exemple, les Goomb'os  portent des crânes de Goomba, et les Toads révèlent leur squelette lorsqu’ils sont électrocutés dans Mario Strikers. Or, un squelette interne est une caractéristique propre aux animaux vertébrés, ce qui va à l’encontre de la biologie des champignons.

Modèle du squelette de Toad dans Mario Strikers Charged Football

  • Chez les animaux : les Luméduses et plusieurs autres espèces de "méduses" dans l'univers Mario présentent des yeux de type vertébré, tout comme les Oursins, qui, en plus, possèdent une bouche avec des lèvres proéminentes, un trait typiquement mammifère. Certaines araignées, comme les Arachnés, les Nebulantura , ne suivent pas les caractéristiques des arachnides classiques : elles ne possèdent pas quatre paires de pattes et présentent des mandibules plutôt que des chélicères (caractéristiques des Chélicérates dont font partie les arachnides). En outre, certaines de ces araignées ont même des mâchoires de vertébrés gnathostomes, comme c’est le cas pour les Squitter ou  les Arich
En conclusion, ces exemples montrent que la phylogénie du monde réel ne s'applique pas à l'univers de Mario. Par conséquent, il est nécessaire de reconstruire une phylogénie propre à cet univers, en partant de zéro.

Exemple de Phylogénie réelle vs Phylogénie basé sur les caractères, le cas des Chondrichtyens dans Mario :

J'ai ici réalisé un exemple concret en utilisant les chondrichtyens (poissons à squelettes cartilagineux) de l'univers Mario. Pour cela, j'ai créé un tanglegramme (comparaison de deux arbres phylogénétiques), en me basant d'un côté sur la phylogénie réelle (source en bas d'article) et de l'autre sur une matrice de caractères spécifiques à l'univers Mario.

Tanglegramme des poissons cartilagineux dans Mario 

On observe plusieurs différences de position entre les deux arbres. La différence la plus marquante concerne les requins barjos : dans le premier arbre, ils sont classés parmi les requins, tandis que dans le second, ils sont finalement considérés comme des raies. En conclusion, le choix de se baser sur la phylogénie réelle ou non est crucial pour maintenir la cohérence de la phylogénie dans l'univers fictif.

Source de la première phylogénie des chondrichtyens:

- Xlmena Velez-Zuazo, Ingi Agnarsson, Shark tales: A molecular species-level phylogeny of sharks (Selachimorpha, Chondrichthyes), Molecular Phylogenetics and Evolution, Volume 58, Issue 2, 2011, Pages 207-217, ISSN 1055-7903

-Lisney, Thomas & Yopak, Kara & Montgomery, John & Collin, Shaun. (2008). Variation in Brain Organization and Cerebellar Foliation in Chondrichthyans: Batoids. Brain, behavior and evolution. 72. 262-82. 

- Desiree E. Sasko, Mason N. Dean, Philip J. Motta, Robert E. Hueter, Prey capture behavior and kinematics of the Atlantic cownose ray, Rhinoptera bonasus, Zoology, Volume 109, Issue 3, 2006, Pages 171-181, ISSN 0944-2006

-Kriwet Jurgen, Kiessling Wolfgang and Klug Stefanie 2009Diversification trajectories and evolutionary life-history traits in early sharks and batoidsProc. R. Soc. B.276945-951 

-Franklin, 0., Palmer, C. and Dyke, G. (2014), Pectoral fin morphology of batoid fishes (Chondrichthyes: Batoidea): Explaining phylogenetic variation with geometric morphometrics. Jotirnal of Morphology, 275: 1173.1186. 

-Lulia Rocco, Innocenza Liguori, Domenico Costagliola, Maria A. Morescatchi, Fausto Tinti, Vincenzo Sting°, Molecular and karyological aspects of Batoidea (Chondrichthyes, Elasmobranchi) phylogeny, Gene, Volume 389, Issue 1, 2007, Pages 80-86, ISSN 0378-1119,

-Hosegood J, Humble E, Ogden R, et al. Phylogenomics and species delimitation for effective conservation of manta and devil rays. Mol Ecol. 2020; 29: 4783-4796. 

-Neil C. Aschliman, Mutsumi Nishida, Masaki Miya, Jun G. Inoue, Kerri M. Rosana, Gavin J.P. Naylor, Body plan convergence in the evolution of skates and rays (Chondrichthyes: Batoidea), Molecular Phylogenetics and Evolution, Volume 63, Issue 1, 2012, Pages 28.42, ISSN 1055-7903,  

-Kyne, P. M., Wang, J. J., Xiang, D., Chen, X., & Feutry, P. (2018). The phylogenomic position of the Critically Endangered Largetooth Sawfish Pristis pristis (Rhinopristiformes, Pristidae), inferred from the complete mitochondria! genome. Mitochondria! DNA Part B, 3(2), 970-971. 

-Naylor, Gavin & Cairo, Janine & Jensen, Kirsten & Rosana, Kerri & Straube, Nicolas & Lakner, Clemens. (2012). Elasmobranch Phylogeny.

-Siders, Z. A., Caltabeliotta, F. P., Loesser, K. B., Trotta, I.. B., & Balser, 8. (2023). Using pictographs as traits to explore morphological diversity In sharks. Ecology and Evolution, 13, e9761. 

-Vella, N., & Vella, A. (2020). The complete mitogenome of the Critically Endangered smalltooth sand tiger shark, Odontaspls ferox (Lamniformes: Odontaspididae). Mitochondria! DNA Part B, 5(3), 3301-3304. 

-Greenfield, Tyler. (2022). List of skeletal material from megatooth sharks (Lamniformes, Otodontidee). 4. 1-9. 

-Shimada, Kenshu & Chandler, Richard & Lam, Otto & Lam, Tao & Tanaka, Takeshi & Ward, David. (2016). A new elusive otodontid shark (Lamniformes: Otodontidae) from the lower Miocene, and comments on the taxonomy of otodontid genera, including the 'megatoothed' Glade. Historical Biology. 29

-Chen Wang, Tinghe Lai, Pelyuan Ye, Yunrong Yan, Pierre Feutry, Binyuan He, Zhongfian Huang, Ting Zhu, Junk Wang, Xiao Chen, Novel duplication remnant in the first complete mitogenome of Hemitriakis japanica and the unique phylogenetic position of family Triakidae, Gene, Volume 820, 2022, 146232, ISSN 0378-1119

-Underwood Cl, Johanson Z, Welten M, Metscher B, Rasch U, Fraser GJ, et al. (2015) Development and Evolution of Dentition Pattern and Tooth Order in the Skates And Rays (Batoldea; Chondrichthyes). PIGS ONE 10(4): e0122553. 

-Kenshu SHIMADA, Phylogeny of lamniform sharks (Chondrichthyes: Elasmobranchii) and the contribution of dental characters to lamniform systematics, Paleontological Research, 2005, Volume 9, Issue 1, Pages 55-72, Released on J-STAGE October 10, 2006, Online ISSN 1880-0068, Print ISSN 1342-8144


Les Pikmins sur Pangea Proxima

Petit contexte: En attendant le prochain article (désolé les études obligent), voici un ancien article venant de mon compte Qwice sur Pikmin...